Faut-il craindre le regard d’autrui ?

Autrui est mon alter ego, il est celui qui n’est pas moi. On peut craindre le regard d’autrui mais on peut également se demander si l’autre est positif où négatif dans la construction de mon moi ? En premier lieu, je peux le craindre cependant en second lieu, je peux le considérer comme utile voire en troisième lieu trouver un juste milieu entre ce qu’il m’apporte et ce qu’il m’enlève.

il faut craindre le regard d’autrui

Il faut craindre le regard d’autrui surtout quand celui-ci interprète mal ce que que nous semblons être où bien quand celui-ci est volontairement mensonger. Ainsi, le but est probablement de manipuler pour obtenir quelque chose. Par exemple, dans la plupart des séries télévisées, on peut voir des personnes qui abusent de leur regard pour obtenir des informations. Ainsi, House manipule souvent son ami pour obtenir de lui des choses qu’il ne ferait pas s’il savait la vérité. Cela met en lumière cette phrase de Pascal «  peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas, quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion. »

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Mais, ce regard peut aussi vous réduire à un aspect vrai où non de vous-même. Ainsi, on a tendance à réduire les gens à des aspects de leur existence à des caractéristiques de leur personne, les gens qui ont des handicaps par exemple. L’inverse est aussi possible, les caractéristiques positives peuvent être tellement montée en exergue que les gens n’ont l’impression d’exister qu’à travers celles-ci. L’image que l’autre me renvoie est alors figée et destructrice.

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Il existe aussi des regards volontairement où non qui sont blessants. Ainsi, certains physiques peuvent inspirer de la pitié voire même du mépris.

Les personnes qui avaient des difformités physiques et qui en vivaient au 19éme siècle, les freaks étaient des sujets de raillerie. Sartre avait donc bien raison de conclure dans « Huis-Clos » que « l’enfer c’est les autres ».

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Toutefois, selon Sartre aussi, autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même.

II- le regard d’autrui qui construit, donc facteur positif et non à craindre

 1- un regard constructeur
En effet, notre individualité se construit dans le rapport aux autres. Hegel pense que la conscience de soi passe par la reconnaissance par une autre conscience. Ainsi, dans le cadre une épreuve sportive, nous connaissons notre réel capacité par rapport aux autres. Hegel fait lui un parallèle plus dramatique entre un maître et son esclave dont l’enjeu de la reconnaissance de la conscience est la survie.

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 2- un facteur positif
Nous construisons également notre éthique. Selon le philosophe Levinas, le visage d’autrui porte le commandement de l’interdiction de la violence. Ainsi, même si la décolonisation a plus été l’occasion de conflits que de dialogues, cela a prouvé que la paix passe par le respect d’autrui. Gandhi en Inde notamment a réussi à vaincre par un mouvement basé sur la non-violence.
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 3- n’est pas à craindre
Le regard d’autrui nous permet de nous révéler à nous-mêmes. Il n’est pas toujours à craindre car il peut renvoyer une image positive de nous-mêmes et nous permettre d’évoluer. Ce regard peut en effet être celui d’un parent où le regard mutuel dans un couple heureux. Merleau-Ponty considère que autrui donne au monde épaisseur et relief.
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Transition
Toutefois, même si autrui nous est indispensable, il faut savoir trouver le juste milieu entre une distance raisonnable et un dialogue constructif.

III- Trouver ce juste milieu entre ne dépendre QUE du regard d’autrui (esclavage) et vouloir s’en détacher complètement (devenir un ours)
 1- La perte du libre-arbitre
En effet, la relation de maîtrise-servitude décrite par Hegel peut conduire l’être humain à choisir plutôt de vivre sans libre-arbitre que de vivre en pleine conscience de lui-même. On peut faire une comparaison avec la célèbre métaphore de l’âne de Buridan qui ne pouvait choisir entre boire où manger et qui est finalement mort. Cette métaphore illustre la liberté d’indifférence. Cependant, si on préfère vivre en fonction des autres que de nous-mêmes, nous perdons notre libre-arbitre et donc notre conscience propre.

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 2- la misanthropie
A l’inverse, un être humain qui est dégoûté des hommes est considéré comme un misanthrope. Pascal  affirme même que « L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi même et à l’égard des autres » Toutefois, l’homme doit pour pouvoir vivre en société trouver un juste milieu entre la franchise et l’hypocrisie, toute vérité n’est pas bonne à dire. Ainsi, dans les Misérables de Victor Hugo, une religieuse ment pour sauver Jean Valjean.

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 3- une communion au détriment du moi
Le dialogue permet d’accéder à un univers différent du mien. Certains univers sont si fascinants que grande est la tentation de la communion où de la fusion. Toutefois, dans cette fusion autrui disparaît en tant que tel et avec lui l’obligation morale et la responsabilité. C’est pourquoi il faut savoir garder une certaine distance entre moi et autrui. On peut observer dans le film «  Créatures célestes », inspiré d’un fait divers, une amitié adolescente qui pousse l’une des deux à assassiner sa propre mère.

Il faut craindre le regard d’autrui si nous le laissons nous gouverner mais il faut savoir l’apprécier à sa juste valeur pour la mise en valeur de notre propre individualité, notre apprentissage du respect, de l’exigence éthique et de la juste mesure entre être connecté et être soi.

 

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